Retour sur les sentiers de la Réunion !

Après quelques mois de retour à la civilisation, nouveau départ pour quelques semaines en forêt !

Cette fois si l’objectif est de traverser la Réunion à pied par le fameux GRR2 ! L’hiver austral étant déjà bien installé, les températures ont eu le don de me faire un peu presser le pas malgré les latitudes tropicales. Cela fait tellement de bien de revenir sur les sentiers et j’ai eu l’occasion de mesurer à quelle point le corps se souvient par sa capacité à récupérer mon rythme de marche du TA en un rien de temps.

Ce fut l’occasion de prendre le temps de beaucoup améliorer mes connaissances en botaniques réunionnaise en m’arrêtant sur la plus part des plantes m’échappant encore, réalisant une forme d’herbier mentale, en profitant de la multitude d’ilets rencontrés sur la route pour en apprendre encore plus sur l’usage hyper local des plantes rencontrées sur les sentiers !

Un épisode météo inattendu, apportant une dose de pluie conséquente pour plusieurs jours, m’a amené à obliquer à certain moment, mais quel plaisir de retrouver les sensations de la marche !

Et surtout, quel plaisir de venir profiter de la beauté de l’ile et de ses incroyables nuits étoilées !

Le lien de téléchargement vers le GPX, restant certes à être vérifié en bien des points pour sa partie sud, mais présentant déjà pas mal d’infos intéressantes :

https://drive.google.com/file/d/1Hnz5CseqJcSL6bzHdFg96quavTSJ1d91/view?usp=sharing

 

Et surtout, la petite vidéo qui va avec 🙂

 

Amusez vous bien sur les sentiers !!

De Te Anau à Bluff, dernière ligne droite avant l Océan !

Il est difficile de s’imaginer que la fin est déjà si proche !

Les quelques dernières centaines de kilomètres avant d’atteindre Bluff et l’Océan recèlent encore de bien belles pépites ! Des forêts de boues dans lesquelles les « flaques » peuvent prendre des allures de trous sans fond dans lesquelles tu peux littéralement t’enfoncer jusqu à la taille, des terres agricoles infinies, le retour sur la plage et la joie de traverser des estuaires en courant pour ne pas rencontrer la marée.

L’étrangeté peut être réside dans l amnésie partielle de tout cela, pour ne garder que le souvenir du plaisir, de l intense plaisir, que m’a apporté cette marche. Les douleurs s’évaporent, et reste gravée l’image de ces bourrasques au sommet des cols depuis lesquels on aperçoit l océan. La joie simple et infini de trouver une cabane avec un beau stock de bois signifiant « ce soir il fera bon et il y aura du pain chaud sur la table ». La curiosité lorsque du bruit se fait entendre sur le perron, et que l’on sait que quelqu’un d’autre vient d’arriver, du nord, du sud, ou d’ailleurs, mais en tout cas de la forêt, et que comme toi, il sera sans doute content de voir le feu déjà prêt et l’occasion de partager quelques anecdotes.

Un drôle de sentiment arrive lorsque tu te rapproches de Bluff, un lent crescendo. Puis l apparition de ce panneau en forme de ligne d arrivée, et ce sentiment vraiment étrange, nouveau, comme si tu venais de recevoir un cadeau qui te fait plaisir, mais tu ne comprends pas trop ce que c’est.

Et puis une phrase se formule. Une phrase qui semble sortie de tout contexte, presque absurde. Une phrase de l’ordre de « des fois je traverse des pays à pied si m’en vient l envie ».

Il y a comme une envie de larme de fierté, mais elle semble presque impudique, et sonner faux, parce que ce sentiment tu le connais déjà en faite, un peu comme celui de la première virée à vélo sans petite roulette, de la première minute en apnée, de la première fois que tu arrives à faire bouger tes lobes d oreilles en te concentrant. Bref, toi et tout ton corps le sait, tu viens de recevoir un truc nouveau, une nouvelle compétence, et les limites de ton champs de possibilités viennent d’exploser dans un gros boom.

Dorénavant 100 kilomètres pourra se convertir en « 5 jours de nourriture pour la jouer hyper large et en sécurité », et l idée de traverser 1000 km a pied se traduit en « wooaaa génial, trop bien ».

C’est ce genre de journée où de nouvelles couleurs s’ajoutent à ta palette pour d’écrire l’existence. C’est ce jour de journée où tu reçois un cadeau dont tu ne connaissais même pas l existence. C’est ce genre de journée ou tu reçois la réponse à ta question alors que tu ne savais même pas comment la formuler. Le truc dont tu avais besoin sans même vraiment le savoir.

Bref c est une journée ou tu te sens bien, même vraiment super bien. Je crois que quoi que soit ce que j étais venu chercher, je viens de trouver quelque chose qui m’importe ici, et pour ça, un grand merci infini !

La redondance avec les forêts et les plages du Northland est notable dans ce grand Sud. A tel point qu’on s amuse à y voir des pattern de répétitions d’habitats à l échelle de milliers de kilomètres. Il est drôle de s’imaginer partager ce genre de considération avec les cerfs et autres oiseaux du coin. Les images du grand retour sont ainsi par ici :

Et les marqueurs du grand retour de l’horopito et de ses copines fougères par ici :

https://drive.google.com/file/d/1ZzYWVCLq2MPwYxkrLVFccbeE-5a3b9ao/view?usp=drivesdk

A très bientôt à tous sur les sentiers ici ou ailleurs ! Prochaine destination, la Réunion, et la suite de l aventure !!

D’Arthur Pass à Te Anau, neiges éternelles et lacs de montagne, les Alpes du Sud tant attendues :-)

Étrange sentiment d avoir élu domicile dans une carte postale durant ces dernières semaines.

Les Alpes du Sud de la Nouvelle-Zélande valent bien leur réputation. C est beau, très beau. Un goût de haut plateau tibétain, d’Altiplano andin ou de Patagonie, avec un réseau de route en parfait état et des cabanes dissimulées un peu partout au détour des vallées.

Un paradis pour randonner. Ou peut être un paradis tout court.

On se surprend à avoir un drôle de sourire figé sur le visage sans trop savoir pourquoi au court de la journée, tellement ce goût « d’aventure » est palpable devant le gigantisme de ces paysages.

C est beau, très beau. Le revers de la médaille est bien sûr plus de tourisme que je n’en ai vu durant les 4 derniers mois réunis, et il semblerait que le moindre caillou recouvert de vers luisant pourrait devenir une attraction rentable. Mais la dimension des espaces est telle que la magie opère, reste bien là, que le sentiment moucheronnesque de n’être qu’au final qu une puce de puce de plus à observer les masses titanesque des monts crénelant l’horizon perdure.

Pour la faire bref, on se sent bien par ici. Les éléments imposent leur cadence et la vie semble si simple.

Pour parler de plante, l automne apporte son lot de mise en sommeil. Les paysages très ouvert pour le pâturage aussi. Quelques snow totara subsistent, des églantiers apparaissent dans les pâturages, et des petites plantes comestibles déjà familières continuent de résister au vent du Sud.

La fin du sentier pointe le bout de son nez, les journées se font plus courtes, et je ressens une immense gratitude d avoir cette chance de pouvoir vivre ce pour quoi mon corps et mon esprit sont préparés par des milliers d années de sélection naturelle. La vie est simple en marchant.

Un extrait video par ici de ce que les éléments m’ont jeté au visage ces derniers jours sous forme de bourrasque, inspiration culinaire et autres réflexions du soleil sur des glaciers grands comme des montagnes :

Et sinon, la carte des dernières rencontres végétales !

https://drive.google.com/file/d/1wOkbF5oLNFFm2cqweoOckODviKFLx-8V/view?usp=drivesdk

Retour imminent dans la forêt !